Nommer une espèce

Max : « Bonjour à tous ! Enlevez vos blousons, asseyez vous et sortez vos affaires… Vous êtes tous là ? Bien, commençons. Léo, pourrais-tu nous rappeler la définition d’espèce s’il te plaît ? »

Léo : « Oui monsieur Max. Une espèce est un groupe d’individus qui se ressemblent et qui peuvent avoir une descendance féconde. »

Max : « Très bien Léo. »

Samuel : « Mais parfois, les individus ne se ressemblent pas exactement. Comme chez les coccinelles du dernier exercice ! »

Max : « Tout à fait Samuel. La coccinelle asiatique existe sous de nombreuses formes. Avez-vous des questions sur la notion d’espèce ? »

Samuel : « Moi monsieur Max ! »

Max : « Oui Samuel. Nous t’écoutons. »

Samuel : « En cours d’histoire nous avons vu qu’il y a eu plusieurs espèces d’hommes au cours du temps. Et ces espèces ont des noms : Homo habilis, Homos erectus, Homo sapiens… Monsieur Max, toutes les espèces ont-elles un nom scientifique ? »

Max : « C’est une très bonne question mon petit Samuel. Je vais vous expliquer ça. Vous pouvez fermer vos cahiers pour le moment.  Cela fait longtemps que les scientifiques cherchent à nommer les espèces. En effet, dans le langage courant les êtres vivants peuvent avoir plusieurs dénominations. Ainsi, la renoncule âcre est souvent appelée bouton d’or mais le bouton d’or désigne plusieurs espèces de renoncules à fleurs jaunes. Les premières tentatives pour nommer les espèces sont difficiles à dater. Toutefois, un premier nom se distingue dans l’histoire de la dénomination des êtres vivants. Il s’agit de celui de Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708). Pour Tournefort la première étape pour qui veut classer les plantes est de bien préciser le nom de chacune d’elle. A cette époque, les appellations données aux plantes se fondent souvent sur plusieurs de leurs caractères et consistent en une longue périphrase. Tournefort, quant à lui, préfère s’inspirer de l’un de ses prédécesseurs, Gaspard Bauhin (1560-1624), qui avait eu l’idée de désigner les espèces par deux noms latins, le premier correspondant à ce qui deviendra le genre, le second à l’espèce. Cette désignation binominale fut donc reprise par Tournefort puis définitivement confirmé par Karl von Linné (1707-1778). »

Léo : « Si je comprends bien, depuis Linné chaque espèce a un nom en deux parties. »

Max : « Oui Léo. Souvent, ce nom est inspiré du latin, parfois du grec ancien. »

Samuel : « Monsieur Max, qui donne le nom à une espèce ? »

Max : « Vous posez vraiment de bonnes questions 🙂 Il revient au scientifique qui a découvert une espèce de la nommer. Il peut choisir un nom en hommage à un personne de son choix. Le Fuchsia a été nommé ainsi par le botaniste Charles Plumier (1646-1704) en hommage à un autre botaniste Leonhart Fuchs (1501-1566). Normalement, le nom de l’inventeur suit le nom de l’espèce. Toutefois, il arrive qu’une espèce ait été renommée par la suite et c’est alors le nom de celui qui l’a renommée qui l’emporte. Enfin, les règles de nomenclatures sont parfois un peu compliquées surtout lorsqu’une espèce est renommée. Restons sur l’exemple du Fuchsia. Son nom scientifique est :

Fuchsia regia, L., 1753

Le L. est l’initiale de Linné et 1753 l’année du baptême de cette plante. »

Léo : « Mais ! Monsieur Max, il devrait y avoir le nom de monsieur Plumier derrière le nom d’espèce ! »

Max : « Le grand Linné a renommé de nombreuses espèces dont le Fuchsia. On lui attribue souvent l’invention de la nomenclature binominale. En reconnaissance de son travail, il est le seul dont le nom est abrégé en une seul lettre. »

Samuel : « Monsieur Max, si je comprends bien, les différentes espèces d’humains que nous avons vues en cours d’histoire appartiennent au même genre, le genre Homo. »

Max : « Tu as bien compris Samuel. »

Léo : « Monsieur Max, pourriez-vous nous donner les noms des espèces animales que nous avons étudiées ? »

Max : « Je peux en donner quelques uns…

Le cheval domestique : Equus cabalus, Linnaeus, 1758

L’âne domestique : Equus asinus, Linnaeus, 1758

Le lapin de garenne : Oryctolagus cuniculus, Linnaeus, 1758

Le lièvre d’Europe : Lepus europaeus, Pallas, 1778″

Léo : « Monsieur Max, je vois que le cheval et l’âne appartiennent au même genre alors que le lièvre et le lapin appartiennent à deux genre différents. »

Max : « Exact Léo. »

Léo : « Pourtant le lièvre et le lapin se ressemblent. »

Max : « C’est pour cette raison qu’ils sont regroupés dans une même famille, la famille des Léporidés. Mais nous verrons plus tard la classification des êtres vivants. Nous allons résumer ce que je viens de vous expliquer. Sortez vos cahiers et notez. »

II. NOMMER UNE ESPÈCE.

Depuis Karl von Linné et la publication de son ouvrage Systema naturae en 1735 toutes les espèces reçoivent un nom en deux parties. On parle de nomenclature binominale.

La première partie de ce nom indique le genre, la seconde l’espèce.

Des espèces proches sont généralement classées dans une même genre. Des genres proches sont regroupés dans une même famille.

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