Des question de Samuel et Léo…

Max : « Bonjour à tous ! Enlevez vos blousons, asseyez-vous et sortez vos affaires. »

Samuel et Léo : « Bonjour monsieur Max. »

Max : « Bonjour mes petits. Léo, à la fin de la séance précédente tu avais une question il me semble. »

Léo : « Oui monsieur Max. »

Samuel : « Moi aussi monsieur Max ! »

Max : « D’accord 🙂 Nous allons commencer par celle de Léo si tu veux bien Samuel. »

Samuel : « Bien sûr que je veux bien. Léo, nous t’écoutons ! »

Léo : « Je ne sais pas bien comment dire… Dans les réactions immunitaires lentes et spécifiques, il y a toujours une mémoire : des lymphocytes T mémoires et des lymphocytes B mémoires. Cette mémoire fait que suite à une infection, si on guérit bien entendu, on ne tombe plus malade. Et puis, ce qui provoque la réaction immunitaire ce n’est qu’une molécule étrangère. C’est un antigène qui provoque les réactions. Je me demandais si on ne pouvait pas utiliser cela pour provoquer une mémoire immunitaire. Je ne sais pas bien comment… Imaginons qu’on puisse découper un virus en petits morceaux qui portent des antigènes. Ces morceaux ne seront pas dangereux. Mais si on les injecte dans une personne, elle devrait réagir, activer les bons lymphocytes T par exemple et il y aurait des lymphocytes T mémoires. Ensuite la personne ne pourrait plus tomber malade. »

Max : « Léo, tu viens de ré-inventer la vaccination 🙂 »

Léo : « C’est vrai ? C’est comme ça que fonctionnent les vaccins ? »

Max : « Oui Léo. C’est le principe de la vaccination. Prenons par exemple les maladies infantiles comme la rubéole, les oreillons ou la rougeole. Ce sont des maladies provoquées par des virus qui peuvent être très dangereuses et même mortelles. C’est plus sage de vacciner. Comment fait-on ? Comme tu l’as dit Léo. On découpe un virus en prenant bien soin de détruire son information génétique. Les petits morceaux contiennent les antigènes. Suite à l’injection, le corps réagit. Les lymphocytes T sont activés. Ils ne trouvent aucune cellule à détruire mais ce n’est pas grave. Par contre le corps a produit des lymphocytes T mémoires contre ces maladies. Si l’enfant est exposé à l’un ou l’autre de ces virus son système immunitaire réagit rapidement et il ne développe pas la maladie. »

Samuel : « Tu es trop fort Léo ! Tu as inventé la vaccination ! »

Léo : « Ça existait déjà depuis Louis Pasteur ! »

Max : « Léo, tu commets là une erreur fréquente. L’invention de la vaccination est à tort attribuée à Louis Pasteur (1822-1895). Elle devrait l’être à Edward Jenner (1749-1823). »

Léo : « Pourtant je croyais ! »

Max : « Comme beaucoup de monde. Je vous raconte l’histoire. Nous sommes donc à la toute fin du 18ème siècle en Angleterre. Une maladie fait des ravages. Il s’agit de la variole ou petit vérole. Pour faire simple je dirais que 60% de la population européenne était touchée et 20 % de la population en mourrait. »

Samuel : « Ah oui ! Quand même ! »

Max : « Je vous déconseille de chercher des images d’individus atteints… La variole est provoquée par un virus de la famille des poxvirus. Jenner a remarqué que les femmes qui passaient leurs journées à traire les vaches n’étaient presque pas  touchées par la variole. Or, il se trouve que les vaches peuvent avoir une maladie appelée vaccine qui est provoquée par un virus proche de la celui de la variole mais moins virulent, moins dangereux. »

Léo : « La vaccine ? »

Max : « Oui Léo 🙂 Jenner se dit un jour que ces femmes devaient avoir développé une résistance à la variole grâce à leur exposition à la vaccine. Ces femmes développaient bien quelques abcès sur leurs mains au début de leur carrière mais cela s’arrêtait là. Un jour, Jenner essaya d’inoculer un peu du pus de ces abcès à une jeune garçon. Plus tard, il lui injecta du pus venant d’abcès venant de personne atteinte de la variole. Il ne développa pas la maladie. »

Samuel : « Il avait été vacciné ! »

Max : « Oui 🙂 Grâce au virus de la vaccine 🙂 Jusque là on injectait du pus provenant d’abcès de personnes atteinte de la variole elle-même. On parlait de variolisation. Mais ce processus était dangereux. La vaccination l’était moins. »

Léo : « C’est donc Edward Jenner qui a inventé la vaccination ! Et non pas Louis Pasteur ! »

Max : « Ce n’est pas Jenner non plus 🙂 »

Léo : « Mais c’est vous qui venez de le dire monsieur Max ! »

Max : « J’allais encore remonter dans le temps. Une vingtaine d’années plus tôt. Vers… 1774 il me semble. Un agriculteur, Benjamin Jetsy avait également remarqué que les trayeuses n’étaient pas touchées par la variole. Lors d’un épisode épidémique plus fort qu’à l’accoutumée, il décida de protéger sa femme et son fils en leur injectant sous la peau un peu de pus de vaccine. »

Samuel : « Il a fait ça ? »

Max : « Oui. Belle intuition n’est-ce pas ? »

Léo : « Je ne sais pas si c’est courageux ou complètement idiot… »

Max : « Ne sois pas si sévère Léo. »

Samuel : « Alors pourquoi dites-vous que c’est Jenner l’inventeur de la vaccination ? »

Max : « Jetsy ne comprenait pas réellement ce qu’il faisait. J’ai bien parlé d’intuition. La démarche de Jenner est plus scientifique. »

Léo : « Monsieur Max, pourquoi dit-on que c’est Louis Pasteur qui a inventé le vaccin alors ? »

Max : « Jenner a utilisé un virus entier, proche de celui contre lequel il voulait lutter. Pasteur a découvert qu’un virus ‘atténué’ pouvait lutter contre la maladie. »

Samuel : « Un virus atténué ? »

Max : « Oui. C’est une jolie histoire dans laquelle la chance rencontre l’habileté d’un scientifique. Pasteur travaillait sur le choléra des poules. Cette maladie est causée par la bactérie Pasteurella multocida. Après une période d’inactivité dans son laboratoire Pasteur utilisa une souche de ces bactéries qu’il avait laissée à l’air libre. Il se rendit compte que non seulement ces bactéries ne tuaient plus les poules mais qu’en plus elles les rendaient résistantes à l’infection. Après avoir étudié cela, il découvrit que les bactéries Pasteurella multocida n’appréciaient pas d’être exposées au dioxygène de l’air et que cela diminuait leur pouvoir infectieux. Il découvrait ainsi qu’on pouvait atténuer un microbe et l’utiliser comme vaccin. Bel exemple de sérendipité n’est ce pas ? »

Léo : « De sers et dis pitié ? Je comprends pas bien là… »

Max : « 🙂 Sérendipité ! C’est quand une chercheur fait une belle trouvaille car il a su exploiter un événement dû au hasard. Si Pasteur n’avait pas laissé sa culture de bactéries à l’air libre ou s’il l’avait jetée en retournant dans son laboratoire ou s’il n’avait pas cherché pourquoi les poules ne mouraient plus… Les vaccins n’existeraient peut-être pas. »

Samuel : « Ben si ! Puisque Léo les as inventés au début de la séance 🙂 »

Léo : « La sérendipité c’est quand le talent prends le relais de la chance ! »

Max : « Oui Léo. Ai-je répondu à ta question ? »

Léo : « Oui monsieur Max ! J’en ai une autre mais je vais laisser la parole à Samuel avant. »

Samuel : « Merci Léo. Monsieur Max, vous savez que j’apprends bien mes leçons. »

Max : « Oui Samuel, je le sais. »

Samuel : « Nous avons étudié les expériences de Von Behring. Dans ces expériences on injecte le sérum de poules guéries d’une maladie à d’autres poules. Et ces poules n’attrapent pas la maladie. On sait maintenant qu’avec le sérum on injecte les anticorps dirigés contre cette maladie. Pourquoi n’injecte t-on pas du sérum de personnes guéries à des personnes malades ? »

Max : « Mes petits… Je suis tout ému… Léo a inventé la vaccination et toi Samuel tu viens d’inventer la sérothérapie 🙂 Quel plaisir d’avoir des élèves comme vous. »

Léo (à Samuel) : « On est des inventeurs nous 🙂 »

Samuel (à Léo) : « Les scientifiques peuvent prendre leur retraite ! Nous sommes prêts ! »

Max : « N’en faites pas trop quand même 🙂 La sérothérapie… C’est une méthode rapide. Imaginons que vous ne soyez pas vaccinés contre le tétanos et que vous vous piquiez la patte à une épine de rosier. »

Léo : « Aïe ! Ouille ! »

Samuel : « Et on risque le tétanos ! Je veux par mouriiiiiiir ! »

Max : « Ne t’inquiète pas Samuel ! Je t’injecte un sérum contenant des anticorps anti-toxine tétanique ! »

Samuel : « Aïe ! Ouille ! »

Léo : « Oui mais là ça te sauve ! La toxine est neutralisée et le bacille aussi ! Hoplà ! »

Samuel : « Oui mais ça pique ! »

Max : « Et ça va encore piquer ! Parce que maintenant il faut faire le vaccin pour ne pas que cela se reproduise. »

Samuel : « Aïïïeeeuuuhh ! »

Léo : « Moi je m’en fiche ! Mes vaccins sont à jour ! »

Max : « Il faut toujours vérifier que les vaccins sont à jour… La vaccination a fait disparaître de nombreuses maladies. »

Léo : « Monsieur Max, je peux poser mon autre question ? »

Max : « Oui Léo. Nous écrirons la leçon un autre jour. »

Léo : « Pourquoi il n’y a pas de vaccins pour certaines maladies ? Le S.I.D.A. par exemple…Ou la COVID-19. »

Max : « C’est un peu compliqué mais pas trop. Pour faire un vaccin, il faut identifier un antigène et réussir à le reproduire. Quand les scientifiques ont réussi cela, on peut le produire en grande quantité et réaliser un vaccin. Il y a deux écueils à cela. Le premier est simple. Imaginons un virus qui ne fabrique que des molécules qui ressemblent à des molécules humaines. »

Léo : « Zutalor ! Le corps les connaît ! Il ne va pas trouver que ce sont des antigènes et le virus fait ce qu’il veut ! »

Samuel : « Il est comme invisible et on ne peut pas lutter… Pas de vaccin, pas de réaction immunitaire. Et Argh… »

Max : « Je vous trouve un peu dissipés aujourd’hui 🙂 Autre écueil : il arrive que l’information génétique du virus se modifie toute seule et rapidement. On dit que le virus mute. »

Léo : « Ah bah ça c’est pas gentil ! Les antigènes changent tout le temps alors ! »

Max : « Exact Léo. C’est ce que fait le V.I.H. Une personne infectée par un virus que je nommerai A sera rapidement infectée par des virus A mais aussi B puis C et ainsi de suite. »

Samuel : « Pas de vaccin possible dans ce cas… »

Max : « Pas pour le moment… »

Léo : « Monsieur Max, vous n’auriez pas une autre histoire à nous raconter ? »

Max : « Si vous voulez mais nous risquons de déborder sur la récréation. »

Samuel : « Pas grave ! »

Max : « Revenons à la sérendipité alors 🙂 »

Léo : « Quand le talent prend le relais du hasard ! »

Max :  » 🙂 Cette fois nous sommes en 1928 en Angleterre encore une fois, dans le laboratoire d’Alexander Fleming. Ce scientifique est connu pour ne pas être très ordonné. Son laboratoire est un vrai fouillis et lui aussi laisse ses cultures de bactéries traîner sur les paillasses quand il part en vacances. Pour ses recherches il utilise des cultures de staphylocoques. A un retour de vacances, il doit présenter certaines de ses cultures à un collègue. Comme il les as laissées traîner elles sont couvertes de moisissures. Mais au moment de les jeter il se rends compte que les bactéries ne se sont pas développées autour de certaines moisissures. »

Samuel : « Et au lieu de les jeter, il les étudie ! »

Léo : « C’est ça le talent ! »

Max :  » 🙂 Effectivement il étudie et découvre que le champignon Penicillium glaucum produit une substance qui détruit les staphylocoques. Il a nommé cette substance pénicilline. C’est le premier antibiotique découvert. »

Léo : « Si je comprends bien le vaccin et les antibiotiques ont été découverts par hasard. »

Samuel : « Pas par hasard ! Par sérendipité ! La plupart des chercheurs auraient tout jeté ! Le grand Pasteur et le grand Fleming ont exploité des résultats obtenus par hasard et ils ont fait des découvertes très importantes ! »

Léo : « Je crois que je vais laisser ma chambre en désordre moi. »

Samuel : « Pas d’accord ! Nous la partageons cette chambre et je n’aime pas le désordre moi ! »

Max : « Je vais vous laisser vous chamailler en récréation 🙂 »

Samuel : « Nous ne nous chamaillons pas monsieur Max ! »

Léo : « Nous sommes sages nous. »

Max : « Alors soyez sages en récréation ! »

Samuel et Léo : « Au revoir monsieur Max ! »

Max : « Au revoir mes petits. »

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Cet article est dédié aux quelques élèves qui l’ont apprécié. Ils se reconnaîtront.

Les microbes (Illustrations)

Bonjour à tous ! Lors de la séance précédente je vous ai parlé des microbes. Vous savez maintenant que le groupe des microbes est artificiel. Il ne correspond pas à un groupe biologique puisqu’il est fondé uniquement sur un seul critère : la taille ! Pour être un microbe, il faut être invisible à l’œil nu. Maintenant que vous savez ça je peux vous montrer quelques uns de ces microbes. Commençons par les bactéries…

LES BACTÉRIES…

A quoi ressemble une bactérie ? Un schéma devrait vous aider à comprendre…

Schéma d’une bactérie observée au microscope (source : lesbacteries-canalblog.com)

Une bactérie possède une membrane et un cytoplasme. C’est donc bien une cellule. Mais elle n’a pas de noyau ! Le chromosome, où le filament d’A.D.N., se trouve directement dans le cytoplasme. Les bactéries ont une paroi et certaines ont des filaments qui leur permettent de se déplacer. Mais quelle est la taille d’une bactérie me demanderez-vous ? Ça dépend de la bactérie mais, bien évidemment, les bactéries sont invisibles à l’œil nu. Les photographies suivantes vous donneront une idée de la taille de bactéries moyennes…

Photographies de bactéries Escherichia coli sur une tête d’épingle observée au microscope électronique à balayage.

Bon, d’accord, il n’y a pas d’échelle. Mais ce n’est pas moi qui ai fait le document ! La bactérie est Escherichia coli. En voici un autre portrait…

Photographie de bactéries Escherichia coli observées au microscope électronique à balayage (Source : wikipédia)

Là, il y a une échelle. La graduation en bas à droite représente 2 micromètres soit 2 millionièmes de mètre… Escherichia coli mesure donc quelques microns…

Escherichia coli est une bactérie très abondante dans l’intestin grêle humain. Elle représente 80% de la masse du microbiote intestinal. Elle est donc indispensable à notre bon fonctionnement. Malheureusement il existe des souches pathogènes qui provoque des gastro-entérites, des infections urinaires, des méningites…

Voici une autre espèce bactérienne…

Photographie de Staphylocoques dorés observés au microscope électronique à balayage.

Il s’agit de staphylocoques dorés. Entre 15 et 30 % de la population en a sur la peau sans aucun effet. On la trouve également dans les fosses nasales, sur les muqueuses ou un peu dans le tube digestif. Parfois, elle devient pathogène et peut provoquer des infections graves.

Vous avez remarqué que les bactéries n’ont pas toutes la même forme. Les E. coli sont en bâtonnets. Les Staphylocoques sont sphériques… Voici une classification des bactéries selon leur forme…

Classification des bactéries selon leurs formes (source : www.astrosurf.com)

On pense souvent que les bactéries sont nos ennemies mais souvenez-vous que c’est grâce à elle que nous faisons des yaourts (Lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus, Streptococcus thermophilus), des fromages (Brevibacterium linens est responsable de la coloration orangée des fromages à ‘odeur de pied’ comme le munster, le livarot…)…

LES VIRUS…

En ce moment, les coronavirus occupent le devant de la scène en particulier le SRAS-CoV-2 qui provoque la maladie CoViD-19. Il s’agit du Syndrome Respiratoire Aigu et Sévère provoqué par le CoronaVirus apparu en 2019. Les coronavirus forment une famille de virus qui se ressemblent beaucoup. Voici une photographie du coronavirus à l’origine du Syndrome Respiratoire Aigu et Sévère (SRAS).

Photographie du coronavirus à l’origine du SRAS observé au microscope électronique à transmission.

Des molécules de surface forment comme une couronne autour du virus d’où l’appellation coronavirus. Les coronavirus provoquent presque tous des infections respiratoires.

Il existe des tas de virus qui sont pathogènes pour une ou plusieurs espèces. La plupart du temps, un virus qui touche une espèce est inoffensif pour les autres. Mais parfois, non…

Voici des virus étranges…

Photographie de bactériophages T4 au microscope électronique (source : Wikipédia).

Ces étranges virus semblent avoir des pattes. Ils s’attaquent à des bactéries dans lesquelles ils injectent leur petite information génétique. Celle-ci s’insère dans le filament d’A.D.N. de la bactérie qui se met à fabriquer des virus. Parfois, la bactérie produit tellement de virus qu’elle finit par éclater et meurt.

Si vous vous souvenez de ce que vous avez lu il y a quelques minutes, vous savez que certaines bactéries nous rendent malades. Certains médecins ont eu l’idée géniale d’utiliser des bactériophages pour détruire les bactéries qui nous rendent malades ! Malheureusement, ces recherches ne sont pas encore vraiment autorisées en France… Je vous mets un lien vers un excellent documentaire…

L’excellent documentaire

Les virus ne seraient donc pas tous mauvais pour nous. Certes certains sont pathogènes. D’autres n’ont aucun effet. Et les bactériophages pourraient sauver des vies…

LES PROTOZOAIRES…

Les protozoaires sont des animaux unicellulaires. Ils sont bien sûr très petits. Voici un exemple.

Photographie d’une goutte de sang d’un individu infecté par le trypanosome observée au microscope. On voit des globules rouges et quatre trypanosomes. Un globule rouge mesure environ 7 micromètres de diamètre. (source : Wikipédia)

Une espèce de trypanosome, Trypanosoma gambiense, peut infecter l’Homme. La transmission, ou contamination, se fait par une mouche bien connue : la mouche Tsé-Tsé. L’infection va donner une maladie appelée maladie du sommeil. L’individu malade est de plus en plus fatigué, s’endort puis tombe dans le coma avant de trouver la mort…

Un autre protozoaire peut infecter l’Homme. Il s’agit du plasmodium. Il est véhiculé par un moustique, le moustique anophèle. Les femelles anophèles piquent pour se nourrir de sang. Je rappelle qu’un tel animal est qualifié d’hématophage. Si l’individu piqué est infecté par le plasmodium, il passe dans la moustique avec le sang prélevé. Une partie des plasmodiums vont aller se placer dans les glandes salivaires de la moustique. Lorsqu’elle pique, elle injecte un peu de salive qui contient un anticoagulant (produit qui évite au sang de former des croûtes). En injectant l’anticoagulant, la moustique infecte une autre personne…

Le plasmodium (Plasmodium falciparum) provoque le paludisme autrefois appelé fièvre jaune, fièvre des marais ou malaria. Cette maladie touche surtout les pays situés entre les tropiques où il provoque la mort d’environ 1 000 000 de personnes par an. Le plasmodium est l’animal qui fait le plus de morts sur terre…

Notons que les personnes touchées par la drépanocytose, ou anémie falciforme, ne développent pas le paludisme. Dans les pays où le paludisme sévit, jusqu’à 60 % de la population est touchée par la drépanocytose. Ceci s’explique aisément. Les enfant non atteints par la drépanocytose meurent jeunes. Les autres, porteurs d’au moins un allèle de la maladie, transmettront donc probablement l’allèle à leur descendance. Une maladie gênante au delà des tropiques est donc un avantage notable pour la survie sous les tropiques… A méditer…

LES MICRO-ACARIENS…

Commençons par une photographie…

Photographie au microscope électronique d’un micro-acarien.

Observons cet animal. Bien que très petit, il possède un squelette externe appelé cuticule. Il possède quatre paires de pattes articulées et son corps comporte deux parties : un céphalothorax et un abdomen. Vous avez reconnu la description d’un Arachnide. C’est donc un cousin des Araignées. Les pièces buccales forment un rostre ce qui en fait un acarien. Comme il est invisible à l’œil nu on parle de micro-acarien.

Les micro-acariens sont connus pour provoquer des allergies. Soyons justes avec eux ! Ils n’y sont pas pour grand chose ! Ce ne sont pas les animaux qui provoquent les allergies ! Ce sont leurs excréments ! Si vous dressez bien vos micro-acariens ils cesseront de faire caca partout et vous n’aurez plus d’allergies 🙂

Les micro-acariens, comme les autres microbes, sont absolument partout. Il y en a dans les lits. Un lit en contient environ… beaucoup de millions. Les micro-acariens des lits appartiennent surtout à l’espèce Dermatophagoïdes pteronyssinius. 

Photographie au microscope électronique à balayage de Dermatophagoïdes pteronyssius (Source : www.med.ch).

Les micro-acariens des lits se nourrissent des cellules mortes que nous perdons à tout moment… Ils vivent, se nourrissent, de reproduisent, font caca, meurent… dans nos lits… J’ai lu, il y a quelques temps, un article de journal qui disait qu’un oreiller moyen en France était composé d’environ 30 % d’acariens. A votre place je brûlerais immédiatement mon oreiller 🙂

Quelles mesures pour se débarrasser des micro-acariens ?

D’autres acariens vivent dans notre peau. Ils y creusent des tunnels. La plupart du temps on ne le sait pas. Mais le sarcopte de la gale peut provoquer le gale. C’est une maladie de la peau…

Photographie au microscope électronique à balayage du sarcopte de la gale.

Un dernier exemple. Il s’agit de Demodex folliculorum. Voici son portrait.

Photographie au microscope électronique à balayage du micro-acarien Demodex folliculorum.

Ce micro-acarien vit sur le visage 🙂 Plus un humain est âgés, plus il y a de probabilités qu’il soit porteur de ce charmant animal. Le demodex se nourrit de sébum et de cellules mortes et se reproduit dans les follicules pileux. Je m’arrête là pour ne pas heurter le sensibilité des plus sensibles 🙂

LES CHAMPIGNONS MICROSCOPIQUES…

Commençons par les méchants, ceux qui provoquent des maladies appelées mycoses. Beaucoup d’organes peuvent être touchés mais les mycoses les plus fréquentes touchent la bouche, les pieds, le vagin…

Pour la bouche, il peut s’agir du muguet buccal. Il se repère au tâches blanches qui apparaissent sur la langue, le palais et les gencives. On observe des filaments ou des plaques provoqués par l’accumulation de levure de l’espèce Candida albicans présente naturellement chez les humains. Cette mycose est fréquente chez les bébés de moins de deux mois dont le système immunitaire est encore peu fonctionnel. Cette maladie apparaît également chez les personnes immunodéprimées…

Plusieurs mycoses apparaissent au niveau des pieds : sous les ongles, entre les orteils… Elles sont également causées par des champignons unicellulaires qui se régalent de l’humidité et de la chaleur qui règnent sous les chaussettes 🙂

Je n’en dirai pas plus sur les mycoses.

Passons aux gentils champignons. Il y en a beaucoup. Je ne sais pas par lequel commencer… Mmmm… Si ! Saccharomyces cerevisae ! Vous en mangez tous ! Et vous seriez très malheureux sans cette levure ! C’est la levure qui sert à faire gonfler le pain ! Sans elle, pas de pain ! Ni grec ! Ni pâte à pizza ! Ni hamburger ! Merci Sacchoromyces cerevisae ! Tiens, je mets ta photo !

Photographie au microscope électronique à balayage de Sacchoromyces cerevisae (Source : Wikipedia)

On lui doit aussi le vin et la bière. Oui, je sais, ce n’est pas bien de boire de l’alcool. Mais il y a une raison à la consommation d’alcool autrefois ! Essayez de garder de l’eau sans qu’elle deviennent un bouillon de culture ! Allez-y ! Essayez ! C’est facile d’avoir l’eau au robinet et de râler parce qu’elle a un goût qui vous déplaît ! Ou d’acheter de l’eau en bouteilles qui polluent tout ! Nos ancêtres n’avaient pas tout ça ! Alors ils ont inventé les boissons alcoolisées. Tout le monde sait que l’alcool désinfecte ! Bon, d’accord, après ils ont pris l’habitude de trop en boire. Mais c’est un fait : boire de l’alcool donne soif ! Voilà voilà… Inutile de dire qu’il ne faut pas boire d’alcool. Ce n’est ni utile ni malin. Et Saccharomyces cerevisae peut se contenter de faire du pain…

Vous prendrez bien un peu de fromage avec votre pain ? Du roquefort ? Du camembert ? Eux aussi sont faits grâce à des champignons unicellulaires. Plus particulièrement des moisissures. Penicillium roqueforti pour le roquefort et Penicillium camemberti pour le camembert 🙂 Le lait aussi est difficile à conserver. Alors les humains ont inventé les fromages pour le conserver. Pour conserver le lait ils le font moisir 🙂 Il y a des tas de fromages fait à base de champignons. Je ne les connaît pas tous. Nous avons donc, le pain, le vin, le fromage qui sont fait à partir de champignons microscopiques. Ajoutons le yaourt et d’autres fromages faits grâce à des bactéries et nous avons la base de l’alimentation européenne. Surtout que pour la charcuterie, il faut aussi des fermentations avec des levures…

Voilà, nous arrivons au terme de cet article pas très appétissant. Quoi que… C’est grâce aux microbes que nous mangeons, que nous digérons (voir l’article sur le microbiote intestinal qui je vais bientôt écrire), que nous allons bien… Mais c’est vrai aussi que c’est à cause des microbes que nous sommes malades… Que retenir de cela ? Simplement que l’équation microbes = maladie est fausse… Et que nous avons tous une responsabilité en matière de contamination. Mais ça, c’est une autre histoire…

En complément du complément, avant que je ne rédige un autre article :

un autre documentaire

Voilà, maintenant que vous avez lu cet article, vous mourrez moins bête 🙂

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Histoire des sciences : la fécondation

Un peu d’histoire…

Comme nous l’avons vu précédemment, les gamètes sont de très petite taille. Ils sont invisibles à l’œil nu et il faut un microscope pour les observer… Il a donc fallu attendre l’invention du microscope par Antoni van Leeuwonhoek (1632-1723) pour pouvoir les observer. Toutefois, les scientifiques n’ont pas attendu cette invention pour étudier la reproduction sexuée.

William Harvey et les ovistes…

Pour William Harvey (1578-1657), un grand scientifique anglais surtout connu pour ses travaux sur la circulation sanguine, tout être vivant provient d’un œuf. Nous dirions actuellement que tout être vivant a été une cellule-œuf ou zygote. A l’époque, seuls quelques ovules sont connus. Chez les Amphibiens, la femelle libère ses ovules dans l’eau et le mâle vient déposer sa ‘semence’ par dessus. Harvey fait l’hypothèse que l’ovule contient déjà un petit individu et que la semence du mâle ne fait que ‘réveiller’ l’ovule et déclencher son développement. Les scientifiques qui pensent comme lui sont aujourd’hui appelés ‘ovistes’. Ils attribuent à l’ovule un rôle primordial.

Cette théorie suppose donc qu’il y a dans les ovules de petits individus. Mais ces individus possèdent des gonades dans lesquels se trouvent des ovules si l’individu est de sexe féminin. Ces ovules contiennent eux-mêmes des individus… Nous sommes donc en présence d’un système de poupées russes imbriquées les unes dans les autres. Cette théorie a l’avantage de faire remonter toute l’humanité à Ève qui possédait dans ses ovaires toute l’humanité à venir. La transmission du péché des origines ne pose donc plus de problème puisque l’humanité se trouvant dans ses ovaires, elle fût bien évidemment contaminée… Cette théorie qui ne laisse au spermatozoïde qu’un rôle de déclencheur ne permet pas d’expliquer les ressemblances des enfants avec leurs pères…

Antoni Van Leeuwenhoek et l’invention du microscope…

En 1677, Van Leeuwenhoek (1632-1723) observe pour la première fois des ‘animalcules spermatiques‘ dans la semence des mâles. Ce sont les spermatozoïdes. Mais Van Leeuwenhoek n’y voit que des animaux parasites du sperme et ne leur attribue aucun rôle dans la reproduction sexuée. Selon lui ce ne sont que des petits animaux parasites du sperme.

Nicolas Hartsoecker et les animalculistes…

En 1694, Nicolas Hartsoecker, un collaborateur de Van Leeuwenhoek, observe à son tour de la semence mâle. Il y retrouve les animalcules spermatiques de Van Leeuwenhoek et croit y distinguer un animalcule. Voici le dessin qu’il fit d’après ses observations…

Dessin d’interprétation de l’observation d’un spermatozoïde par Nicolas Hartsoecker

Hartsoecker élabore alors une théorie selon laquelle un individu miniature, appelé animalcule, est présent dans le spermatozoïde. Selon cette théorie le rôle primordial est attribué au spermatozoïde. L’ovule n’est là que pour nourrir l’animalcule dans les premiers instants de sa vie… Les tenants de cette théorie sont appelés ‘animalculistes’. Cette théorie prévoit que toute l »humanité se trouve en germe dans les gonades d’Adam mais n’explique pas les ressemblances des enfants avec leur mère.

Lazarro Spallanzani et la fécondation…

Les expériences de Spallanzani sur les grenouilles sont restées célèbres. Je ne résiste pas au plaisir de vous en faire part…

Mais comme le dit le commentaire, Spallanzani est resté oviste…

C’est Oscar Hertwig (1849-1922), un médecin allemand, qui mit en évidence la fusion de l’ovule et du spermatozoïde et donc les rôles équivalents des deux gamètes dans la fécondation. Merci docteur Hertwig.

Voilà, maintenant que vous avez lu cet article vous mourrez moins bêtes 🙂

William Harvey (1578-1657) Royal College of Physician’s museum
Antoni Van Leeuwenhoek ((1632-1723))
Nicolas Hartsoecker (1656-1725)
Lazzaro Spallanzani (1729-1779)
Oscar Hertwig (1849-1922)

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